L’ostéopathie

L’OSTÉOPATHIE, DÉFINITION ET LÉGISLATION

Qu’est-ce qu’est l’ostéopathie ?

L’ostéopathie est une médecine préventive, manuelle et non conventionnelle qui vise à déterminer et à traiter les restrictions de mobilité qui peuvent affecter le corps humain.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, qui a publié un référentiel de l’ostéopathie en 2010, la définition de l’ostéopathie est la suivante :

« L’ostéopathie (également dénommée médecine ostéopathique) repose sur l’utilisation du contact manuel pour le diagnostic et le traitement. Elle prend en compte les relations entre le corps, l’esprit, la raison, la santé et la maladie. Elle place l’accent sur l’intégrité structurelle et fonctionnelle du corps et la tendance intrinsèque de l’organisme à s’auto-guérir.

Les ostéopathes utilisent une grande variété de techniques thérapeutiques manuelles pour améliorer les fonctions physiologiques et/ou soutenir l’homéostasie altérée par des dysfonctions somatiques (les structures du corps), c’est à dire une altération ou une dégradation de la fonction des composantes concernées du système somatique : les structures squelettiques, articulaires, et myofasciales, ainsi que les éléments vasculaires, lymphatiques et neurologiques corrélés.

Les ostéopathes utilisent leur connaissance des relations entre la structure et la fonction pour optimiser les capacités du corps à s’auto-réguler et à s’auto-guérir. Cette approche holistique de la prise en charge du patient est fondée sur le concept que l’être humain constitue une unité fonctionnelle dynamique, dans laquelle toutes les parties sont reliées entre elles. »

Que dit la législation ?

En France, la profession d’ostéopathe est légalisée par l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 (J O. n° 54 du 5 mars 2002) relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. La loi reconnait alors officiellement en France le titre d’ostéopathe.

Les décrets d’application qui encadrent cette profession sont parus le 25 mars 2007. Ils définissent les actes ostéopathiques autorisés ainsi que la formation pédagogique minimale nécessaire à l’obtention du diplôme en ostéopathie (D.O.) – Décret n° 2007-437 du 25 mars 2007 relatif à la formation des ostéopathes.

La réglementation est stricte et chaque praticien doit s’inscrire sur les listes préfectorales de l’ARS (Agence Régionale de Santé) où il se voit attribuer un numéro ADELI

L’ostéopathie, une science ancestrale

L’Ostéopathie fut structurée au XIXe siècle aux États-Unis, par Andrews Taylor STILL (1828 – 1917). C’est le tout premier médecin qui a compris les interrelations entre le système musculo-squelettique et les autres systèmes organiques d’une part, et entre la mobilité et l’équilibre fonctionnel de l’ensemble du corps humain et l’état de santé d’autre part.

En 1874, Andrews Taylor Still rompt avec la médecine traditionnelle de son époque : il puise dans la médecine grecque, égyptienne, indienne et se rend compte que l’équilibre de la santé passe par l’équilibre du squelette. Ayant compris que la charpente osseuse est garante de l’harmonie des systèmes nerveux, musculaires et circulatoires, il formule le postulat suivant : « la structure gouverne la fonction ».

Ce fut, à l’époque, une révolution dans la manière d’aborder la santé.

Les 1ers pas de l’ostéopathie

Andrews Taylor Still a émis l’hypothèse que le vaste tissu de soutien du corps appelé « fascia » pouvait être le tissu le plus important du corps humain. Véritable « toile d’araignée » reliant tous les éléments du corps humain (os, articulations, viscères, glandes endocriniennes, vaisseaux, nerfs), elle peut se trouver, par des restrictions de sa micro-mobilité, à l’origine de troubles fonctionnels perturbant l’état de santé.

C’est alors que la mobilité du système musculo-squelettique et des différents tissus du corps fut donc identifiée comme l’élément clé de la Santé de l’Homme.

L’ostéopathie, une science qui s’apprend

C’est sur ce concept que Andrews Taylor Still a fondé la première école d’Ostéopathie dans le monde en 1892 : « The American School of Osteopathy ». Pour valider des études différentes des études médicales allopathiques, il créa le « D.O. Degree », diplôme différent de celui de M.D. (Medical Doctor).

En 1900, l’un de ses disciples, William G. Sutherland (1872-1954), diplômé de la première école américaine d’Ostéopathie, découvre l’Ostéopathie crânienne. En désossant des crânes humains, il valide son intuition : l’emboîtement des os, leurs structures, leurs articulations entre eux favorisent la malléabilité du crâne.

L’ostéopathie s’est développée en Europe avec la création, en 1918, de la British School of Osteopathy par John Martin Littlejohn à
Londres et, en 1950, de l’école Française d’Ostéopathie par Paul Geny à Paris. En France, trois ostéopathes français et trois ostéopathes américains (Harold Magoun, Viola Fryman et Thomas Schooley) sont à l’origine de la création de la Société d’Enseignement, d’Études et de Recherches des Techniques Ostéopathiques (SERETO) dans les années 60.

En 1990, la société Internationale d’Ostéopathie à Genève a recommandé des normes d’enseignement suivant les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé pour la formation des professions de santé médicale.